Étant étranger, l’homme ne sera jamais mon président

30 11 2007

L’homme, qui ne sera jamais mon président, est un homme de passion. Un homme pressé. L’homme pressé n’apaise pas. Son verbe bat au rythme de ses pas. Parfois extrême. Parfois lent. Jamais en pause. Une légère chute de l’intonation pour marquer une réflexion ? Rare.

Il a développé le sens de la formule : « Je serai le président du pouvoir d’achat! » À défaut d’approfondir les évènements, il les remplace par des formules. Le pouvoir d’achat caracole en tête des attentes des Français ? Sa réponse : « Les Français n’attendent pas que je distribue les cadeaux de Père Noël alors qu’ils savent parfaitement bien qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses ». « La seule façon de répondre à cette question, c’est de permettre aux gens de travailler plus et de gagner plus ». Il faut lui reconnaître une maîtrise du verbe politicien. Dans le doute, il affirme : « Il faut arrêter de dire des fariboles. La hausse des prix, ce n’est pas un sentiment. C’est une réalité. Aussi, j’annonce la création d’un indice du pouvoir d’achat qui corresponde enfin à la vie quotidienne des Français ».

Sur les allégements fiscaux votés l’été dernier, le président affirme. A-t-il besoin de démontrer ? Non. Seule sa parole est concluante : « les allégements profiteront aux salariés les plus modestes ». La chose est entendue. Il sait, lui, le président, qu’il ne peut contrôler les fluctuations de l’opinion publique : deux Français sur trois estiment que leur pouvoir d’achat a diminué. Pour enrayer la hausse des prix de l’alimentation ? Le président promet : « une grande discussion avec la grande distribution ». L’homme pressé qu’est le président est-il pris au piège de sa propre vélocité lorsqu’il constate que la population ne semble guère disposée à attendre et demande aussi des résultats rapides ?

L’opposition élève le ton ? « La démagogie doit avoir des limites! ». Point. Le PS est accusé de « prévoir un paquet de dépenses » sans recettes. Au verbe s’ajoute le coup de griffe : « François Hollande dit ne pas « aimer les riches ». « Il ne doit pas s’aimer lui-même… ». Les commentaires de la présidence exigent-ils une certaine délicatesse lorsqu’il s’agit des personnes ? Tel le chat, il peut se faire câlin mais il n’hésite surtout pas à griffer quiconque le menace ou l’a menacé dans le passé. S’agissant de son prédécesseur : « Il est présumé innocent comme n’importe quel justiciable. Je n’ai pas de commentaire à faire, mais c’est toujours dommage que la justice vienne si tard ». Commentaire dans un non-commentaire.

Les violences urbaines ? Le président s’est absenté trois jours et le Premier ministre n’a pas su contrôler la situation. Donc, acte. Sujet de prédilection du président. La loi et l’ordre. « La République ne cédera pas un pouce de terrain ». Et la République c’est le président. Et non l’inverse. « On est passé à deux doigts du drame », a-t-il déclaré, dans un discours, devant près de 2.000 policiers et gendarmes sur les questions de sécurité. Pourquoi donc ? « Un policier blessé a 18 plombs dans le corps et un autre en avait un logé dans la pommette et celui-ci m’a dit qu’il avait le tireur dans son viseur. Il aurait pu tirer ». Et la mort des deux adolescents ? « Ce n’est pas quelque chose que l’on peut tolérer, quel que soit par ailleurs le drame de la mort de ces deux jeunes en moto ».

Les violences urbaines ? Le président évite les réalités – indélicates – qui pourraient porter ombrage à l’image de l’homme pressé de résultats. La ville du Val d’Oise, c’est : « un chômage qui concerne plus de 20% de la population, des moyens de transport pour relier le centre ville rares et dégradés, et une population constituée à 60 % de jeunes de moins de 25 ans ». Le président feint d’ignorer ce qu’en pense la presse étrangère, comme cette vidéo du quotidien britannique The Guardian. Le président affirme – sans y mettre les dentelles – que : « Ce qui s’est passé à Villiers-le-Bel n’a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie ».

La violence dans les banlieues ? Elle ne relève pas, selon le président, d’une « crise sociale » mais d’une forme de « voyoucratie », répète-t-il à l’envi. Formule, quand tu nous tiens ! L’homme pressé, qu’est le président, se fait-il apaisant ? « La réponse aux émeutes, ce n’est pas plus d’argent encore sur le dos du contribuable. La réponse aux émeutes, c’est l’arrestation des émeutiers ». Et encore. « Je réfute toute forme d’angélisme qui vise à trouver en chaque délinquant une victime de la société, en chaque émeute un problème social », martèle-t-il dans son plus pur style. « Si nous laissons un petit voyou devenir un héros dans sa cité (…) c’est une insulte à la République et à votre travail ». Ce qu’il faut combattre, c’est « l’économie souterraine », notamment le trafic de drogue, qui aboutit à « la ghettoïsation de zones et à la prise d’otage de populations entières qui sont les premières victimes de ces voyous ».

Les violences urbaines ? Le résultat « des voyous déstructurés, prêts à tout ». La violence policière ? « Quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable ». Mais encore ? « Il y a le malaise social, il y a une immigration qui pendant des années n’a pas été maîtrisée, des ghettos qui ont été créés des personnes qui se sont pas intégrées ». Le président l’exige. Il prend la parole mais la cède peu. Aucune dentelle n’est permise dans les circonstances : « Ceux qui prennent la responsabilité de tirer sur les fonctionnaires se retrouveront devant la cour d’assises. Cela porte un nom : c’est une tentative d’assassinat ». Président et juge. L’homme des résultats : c’est le président qui « annonce l’ouverture d’une information judiciaire » aux deux familles éprouvées par la mort de leur fils. Il a annoncé également la désignation prochaine d’un juge d’instruction pour faire la lumière sur les émeutes dans la banlieue parisienne. L’homme précède les enquêtes. Il s’estime, en sa qualité de chef de l’État, au-dessus des processus lents et improductifs de l’appareil judiciaire. Le président veillera même que les sanctions soient à la hauteur de la gravité de ce que ces « voyous » ont fait.

Et le plan pour les banlieues : « Un plan pour les banlieues sera annoncé en janvier », confirme l’homme pressé de résultats, sans qu’il ne précise que le plan, promis pendant la campagne, a été ensuite plusieurs fois reporté.

Vous était-il venu à l’esprit que le Premier ministre avait pris la parole après le tohu-bohu de la banlieue ? « Ceux qui tirent sur des policiers, ceux qui ont battu un commissaire presque à mort sont des criminels, ils doivent être traités comme des criminels », a-t-il dit, sous les applaudissements de députés – dont des élus de gauche.

« Si la vérité blesse, c’est la faute de la vérité », déclarait l’homme pressé de la République lors d’une Conférence de presse du 4 mai 2004.

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« Les pistolets à décharge électrique Taser X26 provoquent une douleur aigüe constituant une forme de torture » (Nations Unies)

29 11 2007

Selon Alain Jolicoeur, président de l’Agence des services frontaliers du Canada, « aucun des membres de son personnel ne fera l’objet de mesures disciplinaires ». « La procédure a été respectée ». Rappelons les faits. Robert Dziekanski,ouvrier du bâtiment, venait rejoindre sa mère, Zosia Cisowski, 61 ans, établie au Canada. Il prend l’avion pour la première fois de sa vie. Il ne parle pas un mot d’anglais. Il est mort après avoir reçu au moins deux décharges de Taser. Selon la police fédérale, M. Dziekanski avait dû être maîtrisé après s’être montré très agité dans la zone des arrivées de l’aéroport. La vidéo, filmée par un passager, montrant les policiers en train de l’immobiliser à terre ont choqué toute la Pologne et le Canada.

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Que fait une entreprise lorsque son produit est mis en avant-scène de l’actualité et que les médias associent à ce produit des morts accidentelles ? Elle ne rassure pas la population. Elle menace de poursuites sévères ceux ou celles qui colportent ces commentaires sans fondement. Taser International prévient le coup en se défendant agressivement contre toute poursuite. Elle attaquera, par une réplique musclée de ses avocats, toute personne qui intenterait de nouvelles attaques judiciaires ou laisserait entendre que son arme est impliquée dans un décès.

Pendant qu’au Canada, certaines voix réclament la mise en place d’un moratoire sur le Taser, le président de la compagnie, Tom Smith, déclare qu’il est prématuré d’accuser son produit « avant que l’enquête n’ait été menée à bien ». Dans un communiqué, l’entreprise déclare qu’historiquement, la science médicale et l’analyse judiciaire ont démontré que ces décès sont attribuables à d’autres facteurs et pas à la décharge électrique de faible énergie du Taser.

Ce qui n’est pas l’avis d’Amnesty International selon qui 18 personnes sont décédées au Canada et plus de 280 aux États-Unis à la suite d’incidents liés à cette arme. « Les pistolets à décharge électrique Taser X26 provoquent une douleur aigüe constituant une forme de torture », déclare le Comité des Nations unies sur la torture. Ce comité comprend les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Espagne, le Maroc, le Sénégal, l’Équateur, le Chili, la Norvège et Chypre et la déclaration survient alors que deux personnes ont récemment trouvé la mort au Canada après avoir reçu une décharge de Taser. Cette dénonciation de l’ONU n’est pas suffisante pour que le controversé pistolet soit remisé.

Alain Jolicoeur est le président de l’Agence des services frontaliers du Canada. Il s’est présenté devant les médias pour répondre aux interrogations suscitées par le décès de Robert Dziekanski. Monsieur Dziekanski est cet homme d’origine polonaise qui est mort, le 14 octobre dernier, à Vancouver, après avoir été atteint de deux décharges de pistolet à impulsions, ou « Taser », administrées par des agents de la Gendarmerie royale du Canada. « Aucun des membres de son personnel ne fera l’objet de mesures disciplinaires », a affirmé monsieur Jolicœur. « La procédure a été respectée », soutient le président.

Jacques Dupuis, ministre québécois de la Sécurité publique, a pour sa part réitéré qu’il n’était pas question que le gouvernement Charest impose un moratoire sur l’utilisation de pistolets Taser. Bien qu’il se dise préoccupé par les récents cas de morts tragiques, le ministre croit que le Taser est utile aux forces policières. Il invite d’ailleurs la population à se mettre dans la peau des policiers. Le Taser est actuellement utilisé par neuf (9) corps de police au Québec. Qui se mettra dans la peau de la mère de Robert Dziekanski, Zofia Cisowski, qui a attendu pendant huit heures son fils, perdu dans l’aéroport de Vancouver sans que personne ne lui vienne en aide ? Son fils lui reviendra dans un cercueil.

Selon Brian Myles, du quotidien “Le Devoir, un porte-parole de la police fédérale, Pierre Lemaître, avait déclaré que Dziekanski représentait une menace à la sécurité des policiers. Ceux-ci avaient bien tenté de le raisonner, en lui disant notamment de « relaxer », mais sans succès. Dziekanski avait continué de lancer des objets à travers la pièce. Les images, vues dans le monde entier, ont exposé la version de la GRC pour ce qu’elle est : un mensonge éhonté. Vingt-quatre secondes. Voilà tout le temps pris par quatre policiers de la GRC pour évaluer la « menace ».

Javier Bermudez écrit, dans le Calgary Herald : « La GRC a trahi la confiance de la population canadienne. Un homme est mort inutilement et les hommes responsables, ou leurs supérieurs, ont, peut-être intentionnellement, tenté de brouiller les pistes. On ne peut tolérer ce genre de chose dans un pays libre. Personne n’est au-dessus des lois, surtout pas ceux chargés de la faire respecter. L’idée d’officiers agissant en toute impunité est une abomination en démocratie ».

Howard Hyde est cet autre homme, qui souffrait de maladie mentale, mort dans un poste de police 30 heures après avoir reçu une décharge de Taser, à Halifax. Il avait été maîtrisé, à deux reprises, par des agents des services correctionnels, juste avant de décéder dans une prison voisine. Là aussi, faut-il l’imaginer, « la procédure aura été respectée ». À Chilliwack, en Colombie-Britannique, Robert Knipstrom aurait, ce samedi, agi bizarrement dans un magasin de location. Les policiers auraient alors décidé de l’intercepter à l’aide de poivre de Cayenne et de matraques, en plus du Taser. Ils disent ignorer si l’homme a été atteint par la décharge du pistolet électrique.

Le Globe and Mail rapportait, samedi, que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait, trois mois avant la mort de Robert Dziekanski, modifié ses procédures afin de permettre aux agents d’utiliser un pistolet Taser à plusieurs reprises pour contrôler un individu. Des données médicales montraient que, sans l’usage du Taser, de longues et dangereuses confrontations pouvaient survenir avec des personnes souffrant de ce qu’elle appelle le syndrome du « délire agité ». Le délire agité est, selon la GRC, un « état d’excitation psychologique et physiologique extrême, caractérisé par une agitation extrême, de l’hyperthermie, de l’hostilité, une force et une endurance exceptionnelles ».

Pour rassurer davantage, le caporal Gregg Gills, un formateur de la GRC, a déclaré au Globe and Mail que les pistolets à décharge électrique étaient « la façon la plus humaine » de contrôler des personnes qui souffrent de détresse psychologique. Mais comme le rapporte Le Devoir, le criminologue Jean-Paul Brodeur juge ces calculs fantaisistes. Le président de l’Association des chefs de police de la Colombie-Britannique, Gord Tomlinson, s’est opposé à l’adoption d’un moratoire. Il s’est dit convaincu que cette arme sauve des vies et prévient des blessures.

« Le nombre de vies présumément sauvées excède souvent de beaucoup le nombre de fois, assez peu fréquents, que les policiers utilisent annuellement leur arme à feu. On sauve des vies à partir de situations fictives inventées de toutes pièces », affirme M. Brodeur, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. Le gouvernement fédéral a demandé à la Commission des plaintes du public contre la GRC de réviser les incidents survenus au pays avant de décider des mesures à prendre. M. Brodeur accorde peu de poids aux travaux de cette Commission qui a été édentée sous l’administration Zaccardelli.

Les pistolets Taser font l’objet de plusieurs études et révisions de procédure au Canada depuis la mort de M. Dziekanski. Le comité permanent de la sécurité publique et nationale à la Chambre des communes entreprendra sa propre enquête sur la mort de Robert Dziekanski. Cette enquête est la septième à être instituée sur cette affaire. Aucune date n’a été donnée sur le début de ses travaux.

Paul Pritchard est l’auteur de la vidéo. Il a déclaré que, malgré tout ce que peut dire la GRC, il a vu M. Dziekanski, âgé de 40 ans, recevoir une décharge de pistolet Taser très tôt le 14 octobre. Selon ce témoin exceptionnel, les scènes de cet événement « horrible, terrible et tragique » seraient aussi gravées à jamais dans sa mémoire. Il a aussi dit avoir reçu beaucoup d’appuis dans sa lutte pour ravoir son enregistrement, saisi par la GRC, et pour le diffuser publiquement. D’autres personnes l’ont toutefois critiqué parce qu’il était « gênant » pour le Canada. Il a répondu que, lui, avait été gêné et était honteux devant ce qui est arrivé.

Video de Paul Pritchard

Vidéo:

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L’Islam, entre « Le coran, le pétrole et les dollars »

28 11 2007

Le Dr Moustafa Mahmoud est un écrivain égyptien contemporain. « Sa démarche est à la fois celle d’un scientifique (qui relativise la portée philosophique de la science) et d’un mystique (qui ne se veut tributaire d’aucune « école »). Sans doute serait-il plus exact de parler ici d’un humanisme éclairé, dont la portée universaliste n’échappera pas au lecteur », écrit Marc Chartier. Dr Moustafa Mahmoud a publié un livre qui n’est pas passé inaperçu : « Dialogue avec un ami athée ». Il aborde la question du matérialisme et du capitalisme. « Si le capitalisme a reconnu à l’individu la liberté du gain allant jusqu’à l’exploitation d’autrui, alors que le communisme a annihilé entièrement cette liberté, l’Islam a préconisé une solution médiane : « Une part de ce que les hommes auront acquis par leurs œuvres leur reviendra ; une part de ce que les femmes auront acquis par leurs œuvres leur reviendra » (Coran : 4, 32) », écrit Moustafa Mahmoud. Il poursuit en ces termes : « L’individu est libre de rechercher le gain, mais il n’a pas le droit d’accaparer pour lui seul tout le profit qu’il a réalisé. Une part seulement lui revient ; une autre revient au pauvre à titre d’aumône, obligatoire ou volontaire, allant de 2,5 à 90 %. Cette part ne constitue pas une libéralité ou une faveur ; elle est un droit de Dieu sur le gain. En opérant ce partage, l’Islam a merveilleusement contribué à sauvegarder à la fois la liberté de l’individu et le droit du pauvre ».

Driss Boukhissimi, un immigrant musulman, vit au Québec. Ce professeur de mathématiques, de l’Université du Québec, est intervenu devant la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (communément appelée la Commission Bouchard-Taylor pour y affirmer simplement : « ne rien vouloir savoir des accommodements raisonnables ». « Je suis un musulman et j’arrive très bien à pratiquer ma religion sans déranger qui que ce soit », a plaidé cet homme d’origine marocaine devant la commission Bouchard-Taylor. « En venant ici comme immigrant, je savais qui j’étais et je savais que je m’installais dans un pays occidental avec État laïque. […] C’est à moi de m’adapter à ce qui se passe ici, car c’est moi qui ai choisi de venir ici », a indiqué ce pratiquant hors du commun. « Dans la religion islamique, il y a cinq obligations : professer sa foi, faire la prière cinq fois par jour, faire le Ramadan, donner une dîme pour les pauvres et aller à La Mecque quand c’est possible. Quand on ne fait pas ça, on est punis par Dieu », a-t-il ajouté. « Tout le reste n’est pas obligatoire. On n’est pas obligés de prier dans une mosquée avec un imam ou d’égorger un mouton le jour du sacrifice. Les femmes enceintes ne sont pas obligées de faire le Ramadan. Le problème, c’est que certaines personnes érigent ces pratiques en obligations et ce sont ces gens qui demandent des accommodements ».

Existe-t-il une vision moderne de l’Islam ? Et est-il possible que l’Islam puisse adopter une vision moderne ?

Comme le rapporte Afrik.com, « Amrou Khaled porte la moustache, pas la barbe. Il est pieux et moderne. Il est prédicateur mais s’habille en costume-cravate. Il aime Dieu et le Coran… « Il », c’est Amr Khaled, le nouveau visage de l’Islam dans le monde. […] Né en 1967 à Alexandrie dans une famille modeste mais intellectuelle, Amrou Khaled goûte aux charmes discrets de la bourgeoisie égyptienne grâce à ses bonnes manières plus que par ses connaissances religieuses. A défaut de maîtriser le tafsir (exégèse coranique) et d’être expert en théologie, il a de l’humour et du charisme. Il cible intentionnellement les gens d’influence, ceux « qui peuvent changer les choses » et déculpabilise les riches d’être riches : ils peuvent être pieux tout en maintenant leur prestige et leur pouvoir. Son discours connaît un impact particulièrement important sur la jeunesse dorée. Il est moralisateur mais pas trop et ses méthodes sont tout sauf austères. Les jeunes se reconnaissent dans son message : ils peuvent être musulmans tout en menant une vie normale – étudier, travailler, s’amuser et ressembler à n’importe qui d’autre. Son prêche « Al Shebab wa Al Seif » (la jeunesse et l’été) est devenu un classique : il y prône la tempérance, une sorte de « Sea, Coran and fun ».

Jeudi Investigation vient de consacrer, sur Canal +, un reportage sur le nouveau visage de l’Islam : « Le coran, le pétrole et les dollars ». Reportage qui vaut le détour.

Video I

Video II

Video III





« Kyoto est l’erreur que le monde ne doit jamais répéter » (Stephen Harper)

27 11 2007

Le Canada aurait-il commis deux erreurs : croire dans le protocole de Kyoto et élire les conservateurs à la tête de leur gouvernement minoritaire ? Pour rappel, consultez le site de Radio-Canada sur l’historique de ce protocole.

Stephen Harper s’est à nouveau lancé dans un discours anti-kyoto. Faut-il rappeler qui est Stephen Harper ? C’est l’homme qui, il y a cinq ans, avait qualifié l’entente de « projet socialiste coûteux » et avait tourné en ridicule la science du réchauffement climatique mondial. Sa position est donc connue. Sa légitimité l’est moins. Selon Harper, « Kyoto est l’erreur que le monde ne doit jamais répéter ». Nous pourrions tout autant reprendre ce slogan à notre compte et clamer, tout de go : « avoir élu les conservateurs est l’erreur que le Canada ne devra jamais plus répéter ».

M. Harper a refusé de s’engager fermement à établir des cibles spécifiques de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Il propose plutôt une contribution de la réduction des gaz à effet de serre qui « tient compte des circonstances propres à chaque pays ». Il soutient que tout accord qui n’inclut pas la Chine, l’Inde et les États-Unis est inutile. Le Canada et l’Australie étaient les seuls des 52 pays membres du Commonwealth à s’opposer à l’établissement de cibles pour combattre les changements climatiques

Les 53 pays, membres du Commonwealth, réunis à Kampala pour un sommet de trois jours en Ouganda, ont ainsi, grâce au Canada, étalé à la face du monde leurs divergences sur le dossier du changement climatique et rater une occasion d’assumer un leadership mondial en la matière. C’est de ce sommet que M. Harper, ne faisant pas l’unanimité sur la question environnementale, s’est livré, sans consultation préalable auprès de la population qu’il est supposé représenter, à une sortie en règle contre le protocole de Kyoto. Pire. À l’exemple de son voisin, Georges W. Bush, dont il emprunte de manière singulière quelques tics fort déplaisants, la position qu’il a défendue est la seule solution possible, à ses yeux. Il s’est même dit fier du résultat final. Les efforts de M. Harper ont donc permis d’élargir l’entente pour inclure des pays en voie de développement comme l’Inde mais en retirant toutes références à des cibles contraignantes pour les remplacer par des objectifs plus vagues. Il rejoint ainsi le vœu qu’émet depuis des mois Georges W. Bush.

Sur la base que le Protocole de Kyoto n’a pas réussi à imposer des cibles, en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, aux pays parmi les plus grands pollueurs du monde, comme les États-Unis, la Chine et l’Inde, Stephen Harper se fait l’artisan de l’enterrement du protocole – à ses yeux indésirable – en refusant une déclaration finale qui aurait comporté un engagement des pays industrialisés envers des cibles contraignantes. « Le Canada ne fait visiblement pas preuve de leadership dans ce dossier et joue un jeu dangereux », affirmait Arthur Sandborn, responsable de la campagne Énergie et climat de Greenpeace. Certains diplomates étrangers au sommet du Commonwealth, outrés, ont affirmé que la position canadienne est la recette parfaite pour que rien ne soit fait. Le seul leadership, dont se réclame le Premier ministre, Stephen Harper, est de s’appuyer et de s’aligner sur le groupe restreint qu’a créé le président américain, Georges W. Bush.

Pour Stephen Harper, la prochaine entente internationale en matière de lutte contre les changements climatiques devra prévoir des objectifs pour tous les pays, dont ceux aux économies émergentes, comme la Chine et l’Inde. Stephen Harper n’a pas hésité à affirmer que le Canada n’appuierait aucun nouveau traité comportant de telles lacunes. Le raisonnement du gouvernement minoritaire canadien est simple : Il est impossible d’avoir une entente efficace avec seulement 25 pour cent des pays qui acceptent leurs responsabilités. Tout le monde doit être à bord et ramer dans le même sens.

« Tous les pollueurs importants devront être de la partie, faute de quoi il n’y aura pas d’accord après la première phase de Kyoto, qui arrive à échéance en 2012 », soutiendra le Canada à Bali. Donc, à défaut d’inclure dans l’entente les États-Unis et les pays aux économies émergentes, comme la Chine et l’Inde, il faudra enterrer le protocole de Kyoto. Stephen Harper vient de perdre un premier allié, John Howard, un anti-Kyoto, qui vient d’être évincé du gouvernement en Australie, après 12 ans de règne. La défaite du Parti conservateur, aux élections australiennes, pourrait en effet changer le cours des événements, le Parti travailliste gagnant ayant promis la ratification du Protocole de Kyoto en campagne électorale. Stephen Harper perdra un autre allié, George Bush, qui quittera, en 2008, la Maison Blanche. Le Premier ministre canadien sera bien seul et peut-être voudra-t-il compter sur l’appui de la population canadienne. Ce qui est moins sûr. À moins que le Canada lui montre également la porte.

« Chaque Canadien produit en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, comparativement à 3,84 tonnes pour la Chine et 1,2 tonne pour l’Inde », affirme Greenpeace. Et les pays industrialisés sont responsables d’environ 80 % de l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère alors qu’ils ne représentent que 25 % de la population mondiale. Qu’importe, pour Stephen Harper, le fait que, comme l’indiquait le secrétaire général du Commonwealth, Don McKinnon, certains petits pays insulaires de l’organisation sont déjà menacés d’être submergés par la montée du niveau des océans ?

La prochaine conférence internationale sur les changements climatiques se tiendra à Bali, en Indonésie, du 3 au 14 décembre. Les partis d’opposition ne sont pas invités à faire partie de délégation canadienne, contrairement à la tradition parlementaire qui veut que, lors d’événements du genre sur les changements climatiques, des représentants de l’opposition et de groupes environnementaux soient invités. À Nairobi, au Kenya, des députés et des environnementalistes canadiens s’étaient démarqués de la position officielle et avaient rappelé que le Parlement canadien avait voté pour le respect du protocole de Kyoto. Les partis politiques viennent donc s’ajouter à la liste des indésirables, qui compte déjà les écologistes, depuis la réunion de Bonn, en Allemagne, tenue au printemps 2006.

Stéphane Dion, le chef libéral, a fait valoir qu’il est crucial d’arriver à une entente pour qu’en 2013, « le plus grand nombre de pays aient accepté des cibles et que les autres aient aussi un rôle à jouer. Mais pour y arriver, il faut que certains pays prennent le leadership et Canada doit être l’un d’eux ». Thomas Mulcair, dans un commentaire enflammé, a déclaré : « Ce gouvernement ne cesse de s’abriter et de se cacher derrière l’incurie et l’incompétence des libéraux qui n’ont rien fait pendant 10 ans. Ils se cachent aujourd’hui derrière l’Inde et la Chine ». Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a adressé une lettre au président de la République d’Indonésie et président de la Conférence internationale sur les changements climatiques de Bali, le Dr. H. Susilo Bambang Yudhoyono. Il entend souligner que le gouvernement Harper fait tout pour ne pas respecter le protocole de Kyoto. « Ignorant son statut minoritaire », écrit M. Duceppe, « il a décidé de faire taire les voix discordantes en n’invitant pas les députés de l’opposition à la Conférence internationale sur les changements climatiques qui aura lieu à Bali du 3 au 14 décembre prochain. La tradition voulant qu’on invite les députés de l’opposition aux rencontres internationales importantes est pourtant bien établie à Ottawa ».

Monsieur Duceppe poursuit : « Alors que les partis d’opposition se sont entendus sur un échéancier comportant des réductions minimales, par rapport au niveau de 1990, de 20 % en 2020, de 35 % en 2035 et de 60 % en 2050, le gouvernement conservateur persiste à vouloir imposer un plan basé uniquement sur l’intensité des émissions », rappelle M. Duceppe. « Un plan qui n’aura qu’un impact négligeable sur la réduction des gaz à effet de serre et qui, même dans les scénarios les plus optimistes, ne permettra pas au Canada de descendre sous le niveau de ses émissions de 1990 avant… 2024 ! » (Cyberpresse).

Selon Stéphane Dion, qui a occupé sous l’ancien gouvernement libéral le portefeuille de l’Environnement, le Canada devrait, à l’image du Royaume-Uni pendant le sommet, encourager les pays plus pauvres à ne pas répéter ses erreurs et à adopter une approche de développement durable dès maintenant. Monsieur Dion a cité en exemple un pays comme la Suède qui a modernisé son économie avec ses politiques environnementales. Il croit que le Canada doit faire de même pour des questions économiques, environnementales et pour bien assumer son rôle au niveau mondial. Rendez-vous qu’aura raté Stephen Harper.

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Annapolis – Religion et politique ne font pas bon ménage

26 11 2007

Depuis quelques semaines, Georges W. Bush en a été informé. Le Tout-Puissant va frapper à nouveau les États-Unis, ont averti, en début de novembre, des rabbins israéliens d’extrême droite dans une lettre ouverte, SOS Israël, au président américain. SOS Israël est un mouvement d’extrême droite qui protège la terre d’Israël en respect de la Torah d’Israël. C’est ce même groupe qui avait publié des citations en l’honneur des soldats israéliens qui avaient refusé d¹obéir aux ordres et de participer au désengagement. Il faut signaler, parmi les signataires, les rabbins Dov Wolfa, Yekutiel Rap, Gedalia Axelrod, Dov Lior (rabbin en chef de Kiryat Arba et Hebron), et Yaakov Yossef, fils de l¹ancien Grand Rabbin Ovadia Yossef.

La question qui se pose est la suivante : George W. Bush, qui s’expose au « courroux de Dieu » s’il n’annule pas la conférence de paix sur le Proche-Orient d’Annapolis, a-t-il entendu ce message de SOS Israël, et encourra-t-il le châtiment divin pour croire, contre la volonté divine, à la création d’un État palestinien : « La terre d’Israël appartient au peuple d’Israël. Dieu punit quiconque force Israël à renoncer à sa terre ». Les rabbins exigent l’annulation du sommet d¹Annapolis car il risque de provoquer « la colère du Tout-Puissant » sur l’Amérique entière. Le président en a été formellement averti, déclare le rabbin Meir Druckman, l’un des signataires de la lettre SOS Israël. « Ayez pitié de vous-mêmes, de l’Amérique que vous aimez et de vos citoyens. Baissez les bras que vous avez levés contre le Créateur. Aidez le peuple d’Israël à lutter sans compromis contre le terrorisme qui le menace. Alors, avec un cœur pur vous pourrez réellement prier : May G.od bless America – Que D.ieu bénisse les États-Unis », écrivent ces rabbins.

Le désastre, causé par l¹ouragan Katrina serait, selon SOS Israël, le résultat du soutien américain à l’expulsion de près de 10.000 Juifs de leurs maisons dans le Goush Katif et les incendies, en Californie, sont également un signe annonciateur. L’expulsion des Juifs du Goush Katif et de la Samarie du Nord a en effet été achevée le 23 août 2005, date à laquelle la dépression tropicale à l’origine de Katrina a été détectée sur les Bahamas, relève le site Blogdei. « Nous avons écrit au président Bush, un homme qui croit à la Bible, pour l¹avertir du terrible danger auquel il expose son pays en accueillant pareille conférence » dit le rabbin Meir Druckman.

Le rabbin Meir Druckman déclare : « Il ne fait aucun doute que l’inondation de La Nouvelle-Orléans provoquée par Katrina a été la punition de Dieu pour avoir évacué les colonies ». Comme l’indique le rabbin Druckman : « Qui peut vraiment ignorer la main de Dieu qui réclame un œil pour un œil, après ces centaines de milliers de sans-abri, ces centaines de victimes et ces milliards de dollars de perdus ? »

Georges W. Bush n’a pas saisi l’ampleur du courroux de Dieu et il persévère dans ses fautes graves : « Malgré ces conséquences, nous nous retrouvons encore une fois face à une initiative qui consiste à expulser des Juifs de Judée et de Samarie et de confier leurs villes à des organisations terroristes. Et, une nouvelle fois, les organisateurs sont le président Bush et la secrétaire d’État, Condoleezza Rice ».

Selon SOS Israël : « cette fois, le Tout-Puissant avertit l’Amérique à l’avance : si la plaie de l’eau ne suffit pas, il enverra les flammes. Déjà, des centaines de milliers de familles ont fui les terribles incendies de Californie, et nous vous posons la question : allez-vous réellement vous entêter à poursuivre ce plan maléfique ? »

SOS Israël ne fait pas l’unanimité. Tant s’en faut. Le Haaretz publie, ce vendredi, une pétition de soutien à M. Olmert, sur une page entière, signée par des universitaires et des officiers du cadre de réserve, dont 80 généraux, membres du Conseil pour la paix et la sécurité, une association apolitique d’experts. « La rencontre d’Annapolis est une opportunité à ne pas rater (…) la situation actuelle, en l’absence d’un accord négocié, est dangereuse pour les deux peuples et l’ensemble de la région », soutiennent les experts (Le Monde).

Évoquant la malédiction de Dieu, Khalid Amayreh – Ma’an, cité par Info-Palestine, écrit, à propos de Georges W. Bush : « Ce type, qui a prétendu que Dieu lui-même lui avait indiqué quoi faire, n’a jamais eu le courage moral de dire : « J’ai commis une erreur, Mea Culpa, Mea Maxima Culpa ! » Non. Bien au contraire, il a inventé toutes sortes de prétextes, d’histoires invraisemblables et de mensonges patents pour justifier sa nature criminelle et ses projets malfaisants. Mais il est vrai que, très souvent, les criminels ne font montre d’aucun remords, ni même du moindre intérêt pour leur crime et ceux qui en ont été les victimes… Et cela nous amène inéluctablement à cette question : les peuples du Moyen-Orient, en particulier, et les peuples du monde entier, de manière générale, peuvent-ils s’en remettre au tout premier des assassins et des menteurs du monde pour contraindre Israël à faire la paix ? N’oublions pas qu’il s’agit en l’occurrence de l’homme qui a osé qualifier Ariel Sharon, ce criminel de guerre patenté, d’ « homme de paix » ! »

À la lecture de ces écrits, le parcours expiatoire de Georges W. Bush sera long et laborieux. Alors que David Welch, le sous-secrétaire d’État américain en charge des questions du Proche Orient, qualifie d’« opportunité pour tous ceux qui voudraient prendre des mesures en faveur de la paix » cette grande conférence d’Annapolis, le Premier ministre, Ehud Olmert, déterminé à aller de l’avant, se dit convaincu, à quelques jours de la réunion internationale de paix sur le Proche-Orient, que le maintien du statu quo sur le conflit israélo-palestinien est « dangereux » pour Israël. Le maintien du statu quo pourrait même avoir des conséquences plus graves qu’une réunion non réussie. « Je suis parvenu à la conclusion qu’il n’était plus possible de maintenir le statu quo entre nous et les Palestiniens », a-t-il déclaré.

Selon Guy Senbel, de Guysen International News, la rue israélienne s’inquiète de voir ainsi partir un Premier ministre qui donne l’image de brader la sécurité d’Israël, dans l’absence de concertation claire et de déclaration d’intention précise. L’analyste écrit : « Annapolis apparaît comme le théâtre des solutions à mettre en place pour résoudre le légendaire « conflit » israélo-palestinien, comme si chaque concession territoriale ou financière israélienne réalisée depuis ces vingt dernières années n’avait pas compté ».

Cette affirmation de Guysen International News est par contre contredite par un sondage . En effet, une très large majorité d’Israéliens (près de 70%) soutiennent la Conférence sur la paix au Proche-Orient d’Annapolis parrainée par les États-Unis mais n’en attendent aucun résultat pour la résolution du conflit israélo-palestinien, selon un sondage publié la semaine dernière par le quotidien « Yediot Ahronot ». Du côté de la Palestine, un peu plus de 70% des Palestiniens interrogés souhaitaient que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas participe à ce sommet mais 57% ne pensent pas que ce sommet permettra un quelconque progrès dans le processus de paix. Il reste des douches de résistance du côté de Gaza : plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi dans la Bande de Gaza contre la tenue de la conférence sur le Proche-Orient, craignant que de telles négociations ne puissent être profitables pour les Palestiniens.

Les ministres de la Ligue arabe ont finalement décidé de venir à Annapolis, expliquant que leur participation a aussi pour but de s’assurer que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, affaibli, ne soit pas conduit à des concessions trop importantes à Israël. Les pays arabes ne soutiendraient aucun accord qui ne comprendrait pas un retour de tous les territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six jours de 1967. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saud al-Faysal, a confirmé la présence de son pays, l’Arabie Saoudite, à Annapolis tout en avertissant les autorités américaines que : « nous ne sommes pas prêts à participer à un show théâtral, avec des poignées de mains et des réunions qui n’expriment pas de positions politiques ». La Syrie, adversaire de longue date de l’État juif, a annoncé vendredi que les États-Unis avaient accepté d’inscrire la question du Golan à l’ordre du jour d’Annapolis, mais qu’elle réservait sa participation éventuelle à la lecture du programme des discussions.

Guy Senbel, de Guysen International News, écrit : « l’expression « conflit israélo-palestinien » est devenue caduque depuis que les Palestiniens sont partagés entre les terroristes, les partisans de la guerre permanente contre Israël d’une part et les modérés qui désirent l’instauration d’un État sur des bases démocratiques d’autre part. Hamas et Fatah sont même en guerre, terrible et sanglante. […] Israël aujourd’hui n’est pas en conflit avec l’Autorité palestinienne. […] Olmert et Abbas affirment désormais se battre ensemble contre le Hamas et les mouvements terroristes palestiniens ».

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Annapolis – Entre scepticisme et incrédulité, la fin des illusions !

23 11 2007

Afin de ne pas remonter trop loin dans le temps, un simple rappel du mois d’octobre dernier suffira. En déplacement à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 octobre dernier, Condoleezza Rice estime qu’il est « temps de créer un État palestinien » à côté d’Israël. Son opinion est claire et tranchée : « il est absolument essentiel pour l’avenir, pas seulement celui des Palestiniens et des Israéliens, mais aussi pour le Proche-Orient et certainement dans l’intérêt des États-Unis ». Washington règle le jeu : « les participants doivent arriver avec un projet commun solide abordant les questions clefs: frontières, statut de Jérusalem, sort des implantations juives et retour des réfugiés palestiniens ayant fui Israël ». La conférence d’Annapolis devra déboucher sur des résultats : « Franchement, nous avons mieux à faire que d’inviter les gens à Annapolis pour une photo », avait lâché Mme Rice. À cette occasion, Mahmoud Abbas avait demandé aux États-Unis, par les soins de cette dernière, d’intervenir pour empêcher l’extension des colonies juives et la poursuite de la barrière de sécurité séparant Israël et la Cisjordanie. Pour madame Rice : « franchement, le temps est venu de créer un État palestinien », avait-elle déclaré. C’est à cette même occasion que la secrétaire d’État américaine déclare que : « le président américain George Bush a décidé de faire de la résolution du conflit israélo-palestinien une des principales priorités de son gouvernement ».

La cheffe de la diplomatie américaine est consciente que la route sera cahoteuse, d’autant plus que, déjà, en conseil des ministres, le Premier ministre Olmert laisse entendre que les divergences sont profondes, Israël considérant que l’objectif était d’ « arriver à une déclaration commune pendant la conférence internationale ». La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, est nommée à la tête de l’équipe israélienne qui négociera les grandes lignes d’un accord de paix final avec l’Autorité palestinienne. De « faucon », rejetant tout compromis avec les Palestiniens, Tzipi Livni, 49 ans, bascule maintenant dans la position qui préconise la création d’un État palestinien.

Dès octobre 2007, malgré quelques signes qu’elle voudrait bien encourageants, Condoleezza Rice ne pense donc pas que sa visite, au Proche-Orient, puisse faire suffisamment avancer les choses sur cette déclaration de principes au point que les invitations puissent être lancées pour la conférence, qui devrait se tenir à Annapolis, dans le Maryland. Elle multiplie néanmoins les démarches pour obtenir des appuis à la démarche du président Georges W. Bush. Elle obtient dans les jours qui suivent un soutien modéré de l’Égypte à ses efforts pour rapprocher Israéliens et Palestiniens avant la conférence de paix sur le Proche-Orient. Il faut dire que les alliés arabes de Washington ne cachent même plus leur scepticisme, craignant que ce sommet ne soit purement symbolique tout en décalant le processus de paix israélo-palestinien. Personne n’est dupe. Le fossé est encore grand : les Palestiniens veulent que le document – devant être adopté lors de ce sommet – aborde les questions clés du conflit alors que le Premier ministre israélien Ehoud Olmert souhaite qu’il s’en tienne à des déclarations plus vagues.

Lors de son séjour au Proche-Orient, en octobre dernier, Condoleezza Rice avait pu visiter l’Église de la Nativité à Bethléem, en Cisjordanie. Elle en était ressortie fortement émue. « Être ici, à l’endroit où est né mon Seigneur et Sauveur Jésus Christ est une expérience très spéciale et très émouvante », a-t-elle confié. « C’est aussi pour moi, je pense, le rappel que le prince de la paix est toujours avec nous ». Elle a par la suite expliqué que sa visite à Bethléem doit contribuer à convaincre les populations du Proche-Orient que les États-Unis veulent les aider à trouver un accord de paix. Par ce geste symbolique, Condoleezza Rice, entendait inciter Israël et les Palestiniens à reprendre rapidement des négociations de paix.

Début novembre. Madame Rice revient, pour deux jours, au Proche-Orient, son huitième voyage dans la région cette année. Son objectif est de lever les obstacles à la tenue d’une conférence internationale à la fin de l’année aux États-Unis. La tâche est laborieuse. Son homologue, la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, ne lui cache pas les « problèmes » rencontrés dans la mise au point du document conjoint avec les Palestiniens. Par la même occasion, Tzipi Livni, précise à madame Rice que tout accord diplomatique n’est possible que si les Palestiniens luttent contre le terrorisme. Le principal obstacle est toujours le même : les Palestiniens souhaite que le document fasse état de principes généraux pour résoudre les grandes questions qui les divisent, alors que les Israéliens ne veulent pas qu’il aille aussi loin. Les Palestiniens ne sont pas satisfaits de cette volonté des Israéliens de rester dans le vague, et de leur refus de fixer un calendrier pour la conclusion d’un accord de paix. Les Palestiniens s’opposent à ce que le texte fasse référence à Israël comme « la patrie du peuple juif », ce qui reviendrait à renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens poussés à l’exil lors de la création de l’État hébreu en 1948.

Les deux interlocutrices conviennent en même temps que la Syrie pourra assister à la conférence d’Annapolis à la condition qu’elle accepte le fait que la conférence ne traitera que des relations israélo-palestiniennes sans référence au plateau du Golan, pris par Israël à la Syrie pendant la guerre de 1967.

Dans l’impasse depuis plus de sept ans, échaudés par l’échec des accords israélo-palestiniens passés dont ceux d’Oslo sur l’autonomie, les Palestiniens veulent savoir quand les pourparlers prendront fin pour enfin aboutir à la création d’un État palestinien indépendant. Il est donc nécessaire, pour eux, qu’une date-butoir soit fixée. Or, l’État hébreu ne veut pas fixer de date-butoir. Les négociateurs palestiniens déplorent que les deux parties n’aient même pas commencé à discuter des problèmes les plus importants. « Nous sommes encore au début et le temps passe vite », soulignent-ils. En réponse, et malgré tout, Condoleezza Rice réitère le vœu qu’un accord de paix israélo-palestinien soit conclu d’ici la fin du mandat de l’administration Bush, soit dans à peine plus d’un an, une manière pour Washington de fixer une date-butoir aux négociations à venir.

Comme l’indique une dépêche d’Associated Press, de l’époque, « en plus des divergences entre les deux camps, les violences qui se poursuivent dans la Bande de Gaza, qui est désormais aux mains du Hamas, n’arrangent rien. De ce territoire palestinien, des militants tirent fréquemment des roquettes sur le sud d’Israël. L’armée israélienne a fait feu dans le nord de la Bande de Gaza en réponse à un tir de roquette contre Israël, tuant trois civils palestiniens. Dans une autre opération, Tsahal a tué un membre du Djihad islamique ».

À la mi-novembre, devant l’ONG américaine United Jewish Communities, Condoleezza Rice déclare, dans une allocution, que « l’enjeu n’est autre que l’avenir du Proche-Orient ». Selon madame Rice, « les conditions pour le règlement du conflit israélo-palestinien sont désormais réunies, l’État hébreu dispose maintenant d’un interlocuteur légitime en la personne du président palestinien Mahmoud Abbas ». Elle a affirmé sa conviction que : « la sécurité de l’État juif démocratique nécessite la création d’un État palestinien responsable », et que : « l’échec de ces pourparlers de paix n’étaient pas une option ».

Puis ces derniers jours, le vent a tourné. Le pessimisme était de rigueur. Pour Condoleezza Rice, les États-Unis tenteraient maintenant d’encourager la conclusion d’un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens au cours des 12 prochains mois, tout en avertissant qu’il n’y avait aucune garantie de succès. La date de la rencontre est maintenant fixée : les 27 et 28 novembre 2007. Outre les États-Unis, 48 pays ou organisations internationales sont invités à y participer. Force est de convenir, qu’après ces multiples démarches diplomatiques, Condoleezza Rice n’a pas réussi à vaincre le scepticisme des pays arabes, ni à faire progresser les discussions préliminaires. Elle estime toutefois que le lancement des négociations israélo-palestiniennes, la semaine prochaine à Annapolis, suffirait à faire de la réunion un succès. La barre a été ramenée à un niveau plus modeste.

À quelques jours de l’ouverture de la conférence d’Annapolis, le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a confirmé que les constructions et l’expansion des colonies juives, en Cisjordanie, se poursuivront. Dans une interview au journal japonais Tokyo Shimbun, le président israélien Shimon Peres vient d’affirmer qu’un accord avec les Palestiniens avant la fin du mandat Bush était en pratique impossible. Ce qui réduit considérablement l’hypothèse, avant la fin de son mandat, de voir Georges W. Bush consacré le « père » de la vision des deux États, Israël et la Palestine.

Au gré de ces fluctuations, les représentants de la Ligue des États arabes tiendront une réunion de consultations suivie, vendredi matin, d’une rencontre extraordinaire dirigée par le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud al-Fayçal. « La principale question à l’ordre du jour est de convenir si la participation arabe (à la réunion d’Annapolis) sera décidée de manière collective ou individuelle », a expliqué Hicham Youssef, un responsable à la Ligue arabe. L’Égypte mène des concertations notamment avec l’Arabie saoudite et la Jordanie afin de s’entendre sur une position commune lors de la conférence. Le président palestinien Mahmoud Abbas participera à la réunion vendredi et présentera un rapport détaillé sur les résultats des derniers entretiens palestino-israéliens.

Le président égyptien, Hosni Moubarak, avait préalablement invité le Premier ministre, Ehud Olmert, à assurer le succès de la conférence de paix d’Annapolis et de lancer des négociations sur un règlement définitif selon un mécanisme convenu et dans un temps donné. Il souhaite que la Feuille de route soit la base des discussions d’Annapolis. Le monde arabe a peur que cette réunion de paix soit une perte de temps si elle ne traite pas les sujets de fonds du contentieux. En réponse, Ehud Olmert a déclaré : « Est-il possible, après soixante ans, de s’asseoir tout d’un coup et de régler nos problèmes en une semaine? » s’est-il interrogé, tout en ajoutant : « J’ai confiance néanmoins que nous pourrons aboutir à un accord si nous agissons avec responsabilité ».

D’autres problèmes devront également être abordés à Annapolis. Au point de départ, les États-Unis voulaient limiter la réunion à un soutien public de certains alliés clés aux négociations bilatérales entre Israéliens et Palestiniens. Condoleezza Rice a dû reconnaître que la conférence ne se limiterait plus au dossier israélo-palestinien : « personne ne nie qu’il va falloir un jour résoudre le volet israélo-syrien, le volet israélo-libanais, et qu’en fin de compte, il faudra qu’il y ait une normalisation des relations entre Israël et le monde arabe ». L’Arabie saoudite n’a jamais reconnu Israël et aucun haut responsable saoudien n’a jamais discuté en public avec des responsables du gouvernement israélien. Leur présence à Annapolis serait donc un gain pour l’administration de Georges W. Bush.

Damas exigé, encore une fois, de pouvoir aborder la question du Golan occupé par Israël. En conséquence, un volet « paix globale » a été ajouté à l’agenda pour intégrer les discussions sur les volets israélo-libanais et israélo-syrien du processus de paix. La Syrie pourra donc s’exprimer à Annapolis, si elle le souhaite.

Madame Rice a prévenu que le document que M. Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas prévoyaient de faire approuver à Annapolis ne sera plus une déclaration de principe, comme cela avait été envisagé. A la tête de la diplomatie américaine, depuis 2005, Mme Rice n’aura toujours pas obtenu, à ce jour, la signature d’aucun traité de paix ni accord international majeur, et aucun des grands dossiers auxquels elle s’est attelée n’a été réglé. À Annapolis, la tâche s’annonce fort difficile. Les attentes, d’importantes qu’elles étaient en début d’année, ne cessent de rétrécir comme une peau de chagrin.

La conférence d’Annapolis pourra-t-elle faire mieux que le Conseil de sécurité des Nations-Unies : jusqu’à ce jour, les pays membres, détenteurs du droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, ne se sont pas encore prononcés sur le droit des Palestiniens à ériger leur État indépendant. Les résolutions 242 de 1967 et 338 de 1973, du Conseil de sécurité de l’ONU, exigeant le retrait d’Israël des territoires arabes occupés en 1967 (palestinien, syrien et libanais), n’ont jamais été exécutées. En quoi dès lors la rencontre d’Annapolis changera-t-elle le cours de l’histoire ?

Selon Michael Hirsch, de NewsWeek, en 2001, Bill Clinton avait révélé que, contrairement à ce qu’il était convenu de croire après la fin du sommet de Camp David, le 25 juillet 2000, le dossier clé qui a fait capoter les négociations, qui touchaient à leur phase finale, n’était pas la division de Jérusalem Est, entre Israéliens et Palestiniens, mais l’exigence palestinienne d’un « droit au retour » des réfugiés vers Israël. Sur Jérusalem, a-t-il indiqué, les deux parties en étaient déjà à marchander la terminologie du texte final ayant trait à qui aurait la souveraineté sur quelle partie du Mur Occidental. Mais Arafat avait continué d’exiger qu’un grand nombre de réfugiés palestiniens, surtout des guerres de 1948 et 1967, soit autorisé à retourner – un nombre dont, selon Clinton, tous les deux savaient qu’il était inacceptable aux yeux des israéliens.

Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?

(Sources : AFP, Associated Press, Cyberpresse, Le Monde, Presse canadienne)

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L’homme n’est pas une marchandise comme les autres ! (Nicolas Sarkozy)

22 11 2007

Organiser, ce n’est pas mettre de l’ordre. C’est donner de la vie.

Galbraith, John Kenneth

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Le président Nicolas Sarkozy a déclaré

 

« Je suis un libéral au sens où je crois à la liberté. Mais je suis également un humaniste au sens où je crois que la production de richesse doit avoir un sens. Que la morale ça compte. Que la spiritualité ça existe. Que l’homme a une destinée.

Et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec l’homme qui n’est pas une marchandise comme les autres ».

(tonnerre d’applaudissements)

 

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